Plus de 50% des migrants ayant perdu la vie au cours de la dernière décennie sur les routes de l’exil sont morts en mer, soit plus de 36 000 décès, selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publié hier mardi.

«Les capacités de recherche et de sauvetage pour aider les migrants en détresse en mer doivent être renforcées pour aider à sauver des vies», ajoute cette agence de l’ONU dans la présentation d’un rapport analysant les décès et disparitions de migrants depuis dix ans.

Selon le projet «Missing Migrants» de l’OIM, il y a eu plus de 63 000 cas de migrants morts ou disparus dans le monde depuis 2014. Le nombre réel est cependant beaucoup plus élevé en raison de la difficulté de collecter des données fiables.

Près de 60% des ces personnes sont mortes noyées à la suite de naufrages, ajoute l’OIM qui avait déjà publié début mars une partie de son rapport. Nombre de personnes sont mortes dans des naufrages collectifs et leurs corps n’ont pas été retrouvés.

Parmi les décès en mer, plus de 27 000 se sont produits en Méditerranée. Plus des deux tiers des personnes dont le décès a été documenté dans le cadre du projet «Missing migrants» n’ont pas pu être identifiées, une situation douloureuse pour les familles des victimes, souligne l’OIM.

Autre enseignement du rapport : plus d’un migrant sur trois dont l’origine a pu être identifiée venait d’un pays en guerre, dit l’agence dont l’une des priorités est de travailler avec les gouvernements «pour faciliter des voies d’accès sûres, régulières et ordonnées afin d’éviter des pertes de vies inutiles».

En 2023, plus de 8 500 personnes sont mortes sur les routes de l’exil dans le monde entier, ce qui en fait l’année la plus meurtrière depuis que l’OIM a commencé à compiler ces données.