Entre les Alliés occidentaux et la Russie, le ton est menaçant. Le Président russe, Vladimir Poutine,  a déclaré que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) devrait fournir des garanties sécuritaires à Moscou, soulignant que les bombardiers stratégiques des pays membres de l’Alliance volaient à 20 km des frontières de son pays, et que «cela dépassait vraiment la ligne rouge».

Pour Moscou son espace vital qui s’étend au-delà des frontières physiques de la Fédération de Russie a été nettement franchi. En évoquant les manœuvres militaires de l’Alliance en mer Noire, principal accès de la flotte russe aux mers chaudes, le patron du Kremlin n’a vraiment pas mâché ses mots. «Nous informons constamment l’Occident de nos préoccupations au sujet de l’élargissement de l’OTAN à l’Est et nous évoquons également nos propres lignes rouges, mais nos avertissements ont été complètement ignorés par nos partenaires occidentaux», a déclaré le président russe, cité par la chaîne «Russia Today». Et Poutine d’ajouter : «les récents avertissements russes ont eu, cependant, un certain effet et ont suscité l’inquiétude de l’Occident». «Il y a deux points à souligner : le premier est que cet état d’inquiétude doit se maintenir le plus longtemps possible, afin qu’ils (les membres de l’OTAN) évitent de penser à alimenter un conflit inutile sur nos frontières ; et le deuxième point concerne le fait que la Russie puisse obtenir de l’OTAN des garanties de stabilité et de sécurité à long terme», a expliqué le président russe. Vladimir Poutine a déclaré que les manœuvres de l’Alliance atlantique interviennent à un moment où les médias occidentaux ne cessent de répandre des allégations infondées sur l’intention de la Russie d’»envahir l’Ukraine». Selon le ministère ukrainien de la Défense, la Russie continue de renforcer sa présence militaire aux frontières de l’Ukraine. A ce sujet, Washington avait demandé, la semaine passée à Moscou, des «clarifications» sur les mouvements de troupes «inhabituels» près de la frontière russo-ukrainienne, mettant en garde la Russie contre le fait de reproduire la même «grave erreur» de 2014, à l’origine du déclenchement de la guerre dans l’est de l’Ukraine. Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, avait appelé Moscou à «respecter les Accords de Minsk», qui prévoient notamment une démilitarisation de la frontière russo-ukrainienne.
Mais le chef du Kremlin avait accusé les Occidentaux de ne pas prendre suffisamment au sérieux les mises en garde de Moscou quant au franchissement de ses «lignes rouges», ajoutant que les liens entre la Russie et les Etats-Unis n’étaient pas «satisfaisants» mais que Moscou restait ouvert au dialogue et que son sommet de juin avec son homologue, Joe Biden, avait ouvert la voie à une amélioration des relations russo-américaines. Seulement depuis début novembre, les relations déjà exécrables ont pris une tournure assez inquiétante avec notamment l’envoi par Washington de destroyers en mer Noire. Des manœuvres vues par Moscou comme une politique de dissuasion, voire d’agression.

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