TLEMCEN- La ville de Sebdou, particulièrement la tribu des Ouled Ouriache (Tlemcen) a célébré ce week-end, la « wâadate sidi Tahar », en présence d’une foule nombreuse et dans une ambiance conviviale et festive.

Après une rupture de trois années due à la pandémie du coronavirus, la « wâadate sidi Tahar », bien ancrée dans la tradition collective des Ouled Ouriache a repris en créant un événement dans toute la région et même au-delà, avec la venue en masse de citoyens de Tlemcen et des wilayas avoisinantes pour lesquels, la célébration est une opportunité et une occasion de rencontres, de réjouissance et de retrouvailles entre familles et connaissances perdues de vue depuis longtemps.

Pour la population locale, cette wâada est également une façon de mettre en valeur ce patrimoine national bien ancré dans toute la wilaya de Tlemcen qui connaît depuis la fin août dernier l’organisation de plusieurs wâadate notamment à Aïn Youcef, Ouled Nhar et d’autres attendues dans les prochains jours comme celle des Ahl N’gad d’El Gor et autres.

La fantasia ou cavalerie traditionnelle est sans doute l’évènement majeur dans ce genre de fête populaire qui a enregistré la participation de nombreuses troupes de de cavaliers de diverses tribus de la wilaya tels Ahl N’gad, Beni Ournid, Beni Ouazane et autres Ouled nhar et Ouled Ouriache

En dépit de l’ambiance exceptionnelle et l’engouement populaire pour la fantasia, le manque d’entraînement dû à l’arrêt obligatoire durant la pandémie était visible car les cavaliers avaient du mal à courir côte à côte jusqu’à la fin du champ de course en plus du manque de cohésion dans le tir final à l’arrivée de la course.

De nombreux cavaliers ont exprimé leur joie de pouvoir évoluer en troupe et participer à des wadates. Avec le temps, la cohésion entre cavaliers reprendra son cours et ce patrimoine ancestrale sera sauvegardé et amélioré, notamment avec l’apparition d’une nouvelle génération éprise de ce genre de spectacle.

Plusieurs jeunes cavaliers ont, en effet, pris part à la fantasia de la wâada de Sidi Tahar montrant une maîtrise parfaite et une grande communion entre eux et leurs montures.

L’occasion de la wâada est également propice aux activités commerciales. Des tentes sont dressées un peu partout autour du champ de course proposant divers produits tels que les confiseries, des gâteaux traditionnels, des fruits et légumes et même des potions artisanales fabriquées à base de plantes médicinales alors que les férus du folklore et du chant populaire se regroupent en halqa pour assister à des présentations de chant et danser sur les airs du gallal, d’El Gheita et du bendir.

Les femmes, quant à elles, sont occupées à préparer le couscous pour les membres de leurs familles et pour tous les invités présents lors de cette célébration. Tous les présents sont conviés par les chefs de familles à déguster un couscous et assister durant la nuit aux soirées religieuses marquées par la lecture en groupe des versets du Saint Coran.

Le mausolée de Sidi Tahar, situé non loin du champ de course et des lieux de campement des familles, est également visité par les membres de la tribu et leurs invités.

Sidi Tahar fut un homme pieux et érudit ayant vécu au milieu du 17ème siècle et enseignait diverses Sciences et savoirs théologiques. La tribu des Ouled Ouriache tient à rendre hommage à cet homme et à honorer sa mémoire.

APS