Avec l’avènement de la nouvelle année rien n’indique que la guerre au Yémen baissera d’intensité. Tous les efforts de l’envoyé spécial de l’Onu ont été voués à l’échec.

Pour preuve, les combats autour de la ville stratégique de Maarib, riche en pétrole et en gaz et dernier bastion de la légalité yéménite, se poursuivent âprement causant plus de 200 morts en moins d’une semaine. Journalistes et chercheurs émettent des avis nuancés mais versent dans leur ensemble dans le même creuset fait de pessimisme justifié. Si pour certains il existe bel et bien une lueur d’espoir pour peu que la volonté politique de la communauté internationale s’exerce dans toute ses dimensions, pour d’autres, l’année 2022 sera pire politiquement et rien n’inversera cette tendance meurtrière. Les Houthis dans leur quête de faire basculer la ville stratégique de Maarib dans leur giron, sont plus que jamais déterminer à aller jusqu’au bout.
C’est ainsi qu’un nouveau tournant vient d’être engagé avec l’élargissement des zones de frappes des rebelles pour atteindre certaines zones d’Abou Dhabi, le cœur des Émirats arabes unis. Selon des sources rebelles et émiraties, une attaque aux drones a causé l’explosion de trois camions-citernes dans la zone industrielle de Musaffah près des installations de stockage de la société pétrolière ADNOC et qu’un incendie s’était déclaré sur un chantier de construction à l’aéroport international d’Abou Dhabi.
Les premières enquêtes ont trouvé des parties d’un petit avion qui pourraient être un drone sur les deux sites qui auraient pu causer l’explosion et l’incendie, selon un communiqué de la police émiratie repris par l’agence de presse officielle WAM.
Le porte-parole militaire du mouvement houthi, a déclaré que le groupe avait lancé une opération militaire «au plus profond des Émirats arabes unis» et annoncerait les détails dans les prochaines heures. Cette recrudescence de la violence, a rendu le ballet diplomatique de l’émissaire des Nations Unies pour le Yémen, le Suédois Hans Grundberg, entre plusieurs capitales de la région, dans le but de rapprocher les points de vue entre le gouvernement yéménite et les Houthis, insignifiant. Aucun indice qui pourrait aboutir à une fin proche du conflit, n’a été dégagé alors que la situation humanitaire se complique davantage avec le déplacement de plus de quatre millions de personnes.
La complexité de cette guerre s’enchevêtre avec le conflit qui secoue la région, si l’on prend en considération les dialogues souvent évoqués entre Ryadh et Téhéran d’une part, et la réconciliation entre les pays du Golfe et son impact d’autre part.
De nombreux observateurs estiment que le Quartette international, qui exerce une influence au Yémen, (Arabie Saoudite, Emirats, Etats-Unis, Royaume-Uni), ainsi que l’Iran, qui est accusé de soutenir les Houthis, sont les parties qui possèdent les clefs de toute solution, aussi bien politique que militaire. Mais la situation actuelle paraît encore plus compliquée. Pour le chercheur yéménite Yacine Témimi «si un changement est prévu au cours de l’année 2022 dans le déroulement de la guerre, il ne sera pas tributaire de l’usage de la force militaire mais plutôt pour d’autres considérations».
Parmi ces principales considérations figurent «les pressions pouvant être exercées par Washington pour trancher la guerre et mettre fin à ses retombées humanitaires, tout en adoptant à nouveau la politique du chantage de l’Administration démocrate, en se fondant sur sa volonté à octroyer à l’Iran une chance pour exercer une influence régionale, en contrepartie de concessions portant sur son programme nucléaire».
Le chercheur n’exclut pas le fait qu’une «fin dramatique de la guerre, en dehors du système politique et militaire, est possible». «Une fin dramatique», motivée essentiellement par le besoin de l’Arabie saoudite d’obtenir une réalisation et une fin appropriée au conflit, pour la libérer des retombées et des impacts de cette guerre sur le Royaume et sur les ambitions politiques du prince héritier Mohammed Ben Salmane, dont l’influence à l’international a nettement été mis à mal par l’arrivée des démocrates à la Maison-Blanche.
En attendant aucune solution ne se profile, pour l’instant, à l’horizon.

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