Manœuvres militaires américano-marocaines : Le Sénat bloque les fonds alloués

Manœuvres militaires américano-marocaines : Le Sénat bloque les fonds alloués

Le Sénat américain a décidé, hier, de bloquer les fonds destinés à appuyer la participation marocaine aux manœuvres militaires conjointes ou multilatérales à moins que le royaume ne décide de mener des actions en vue de concrétiser « un accord de paix avec le Sahara occidental ».
« Aucun fonds de la loi budgétaire pour l’exercice 2022 ne sera mis à la disposition du Secrétaire à la Défense pour soutenir la participation des forces militaires du Royaume du Maroc à tout exercice bilatéral ou multilatéral (…) à moins que le secrétaire ne certifie aux commissions de défense du Congrès que le Royaume du Maroc a pris des mesures pour soutenir un accord de paix avec le Sahara occidental », indique le projet du budget fédéral adopté par le Comité des forces armées du Sénat américain.
Il est précisé, en outre, que cette décision pourrait être annulée « si le Secrétaire à la Défense soumet aux commissions de défense du Congrès une note écrite argumentant que l’abandon de cette décision va dans l’intérêt et en faveur de la sécurité nationale des Etats-Unis appuyée par une explication détaillée de la manière dont l’abandon de cette décision favoriserait les intérêts » du pays.

El moudjahid

Sahara occidental/ONU: l’Algérie plaide pour un dialogue direct entre les parties au conflit

Sahara occidental/ONU: l’Algérie plaide pour un dialogue direct entre les parties au conflit

NEW YORK (Nations unies)- L’Algérie plaide pour un dialogue direct entre le Front Polisario et le Maroc, comme seule voie à même de parvenir à un règlement juste et durable du conflit au Sahara occidental, a déclaré le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Sofiane Mimouni.

« Seul un dialogue direct entre le Front Polisario et le Royaume du Maroc, dans un esprit de respect et d’engagement authentique, pourrait ouvrir la voie à un véritable espoir de construire une paix durable dans la région », a affirmé M. Mimouni au cours du débat général de la quatrième commission de l’ONU en charge des questions politiques spéciales et de la décolonisation.

L’Algérie, souligne encore le diplomate Mimouni, espère que les efforts du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et de son Envoyé personnel Staffan de Mistura « conduisent à une reprise effective du processus de règlement de ce conflit » au Sahara occidental, occupé par le Maroc depuis 1975.

Et d’ajouter dans ce contexte que la nomination récente de Staffan de Mistura comme Envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental « est une étape positive vers cet objectif ».

La délégation algérienne à New York avait déjà affirmé jeudi dernier que le format dit de +tables rondes+ pour la reprise des négociations sur le Sahara occidental, auquel fait référence le projet de résolution sur la prorogation de la Minurso, est « inefficace et contre-productif », « du fait de leur instrumentalisation par les autorités marocaines pour se détourner de leurs responsabilités et déformer la réalité du conflit au Sahara occidental comme question de décolonisation ».

Dans une missive envoyée au président du Conseil de sécurité, Martin Kimani, et dont le chef de l’ONU a été rendu destinataire, la mission d’Algérie à New York a réagi vivement au format de négociations dit de +tables rondes+ suggéré dans ledit projet.

« Sur instruction de notre gouvernement, je vous écris pour réitérer la position de mon pays concernant la référence dans le projet de résolution sur le renouvellement de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minusro) aux soi-disant +tables rondes + », a écrit la mission dans cette lettre.

« L’Algérie n’a jamais considéré ces +tables rondes+ comme le format ultime pour la conduite du processus politique au Sahara occidental mais plutôt comme une étape de transition vers des négociations entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario », expliquait la délégation algérienne.

APS

Sahara occidental: l’Algérie réaffirme son soutien aux efforts de Staffan de Mistura

Sahara occidental: l’Algérie réaffirme son soutien aux efforts de Staffan de Mistura

NEW YORK (Nations unies) – L’Algérie, en tant que pays voisin et observateur du processus de règlement du conflit au Sahara occidental, a réaffirmé son soutien aux efforts du nouvel Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le territoire occupé, Staffan de Mistura, visant à mettre fin à ce conflit, a déclaré le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Sofiane Mimouni.

« L’Algérie continuera, comme elle l’a toujours fait dans le passé, à contribuer à un règlement juste et durable du conflit du Sahara occidental », a affirmé à New York M. Mimouni, au cours du débat général de la quatrième commission de l’ONU en charge des questions politiques spéciales et de la décolonisation.

« L’Algérie n’épargnera donc aucun effort pour accompagner les efforts du nouvel Envoyé personnel afin de mettre fin à ce conflit prolongé qui ne peut être réalisé qu’à travers la réalisation des espoirs du peuple du Sahara occidental d’exercer librement son droit à l’autodétermination », a ajouté le diplomate.

« Mon pays se joint à l’appel du secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, dans son dernier rapport sur le Sahara occidental, exhortant les membres du Conseil de sécurité, les amis du Sahara occidental et d’autres parties prenantes à encourager le Maroc et le Front Polisario à saisir l’occasion et à continuer de participer de bonne foi et sans conditions préalables au processus politique », a encore affirmé M. Mimouni.

Et d’ajouter dans le même contexte que l’Algérie « espère sincèrement que l’appel du secrétaire général des Nations unies sera entendu, et que les deux parties au conflit fassent preuve de sagesse politique et de responsabilité et s’engageront dans des négociations sur une base solide », afin de parvenir à un règlement politique juste et durable à la question sahraouie.

Par ailleurs, l’Algérie « exhorte la communauté internationale à mettre fin aux pratiques coloniales illégales (dans les territoires sahraouis) et à assurer protection et soutien au peuple sahraoui », a encore dit le représentant permanent auprès de l’ONU.

Sur le plan humanitaire, l’Algérie a salué le travail des agences humanitaires et leur soutien aux réfugiés sahraouis, et affiché sa disposition à « poursuivre sa coopération avec tous les partenaires humanitaires présents sur le terrain pour soutenir les réfugiés et contribuer à leur bien-être jusqu’au jour où ils pourront rentrer dans leur patrie dans la dignité », a souligné M. Mimouni.

« L’Algérie est fermement convaincue que la meilleure solution pour remédier à la situation des réfugiés sahraouis est de s’attaquer aux causes profondes du conflit au Sahara occidental », a-t-il poursuivi.

APS

Collectif citoyen représentant la communauté algérienne en France : Appliquer les résolutions de l’ONU

Collectif citoyen représentant la communauté algérienne en France : Appliquer les résolutions de l’ONU

Une délégation du collectif citoyen représentant la communauté algérienne établie en France a réaffirmé, hier à Alger, son attachement à la légalité internationale consacrant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Une délégation du collectif citoyen représentant la communauté algérienne établie en France, en visite à Alger avec à sa tête son coordinateur, Nacer Khabat, a été reçue hier au siège de l’ambassade de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) par le chargé d’affaires, Mohamed Cheikh. Rappelant qu’elle est partie à maintes reprises en voyage de solidarité dans les camps de réfugiés sahraouis, la délégation a réaffirmé son «attachement à la légalité internationale consacrant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». Soutenant ouvertement le combat du peuple sahraoui à l’indépendance, elle a condamné les violations systématiques massives des droits de l’homme par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara occidental et le pillage de ses richesses naturelles. En outre, elle a appelé l’ONU à agir pour appliquer les résolutions pertinentes des Nations unies, notamment la 1514, «afin de mettre fin à l’entêtement du Maroc qui se complaît dans le statu quo colonial et qui s’emploie à le perpétuer».

EL MOUDJAHID

Réunion de Kigali: la participation de la RASD demeure incontournable

Réunion de Kigali: la participation de la RASD demeure incontournable

KIGALI – Le chef de la délégation sahraouie aux travaux de la 2e réunion ministérielle Union africaine-Union européenne (UA-UE) tenus dans la capitale rwandaise Kigali, Mohamed Yeslem Beissat, a affirmé mardi que la participation de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) à cette réunion demeure « incontournable ».

Dans une déclaration à l’APS, M. Beissat, également ambassadeur de la République sahraouie en Afrique du Sud, a indiqué que « la participation de son pays à la réunion ministérielle qui s’inscrit dans le cadre du partenariat entre ces deux institutions, africaine et européenne, vient consacrer la réalité nationale qui ne peut être niée et ignorée ».

« La présence de la délégation parmi 83 pays participants, soit presque la moitié des pays membres de l’ONU, en plus du Royaume du Maroc, dans le cadre du respect de la loi, prouve que l’acceptation de l’Etat sahraoui en tant que réalité irréversible et facteur de stabilité et d’équilibre dans la région du Maghreb arabe, est la seule issue pour le conflit Maroc-Sahara Occidental, sur la base de laquelle la communauté internationale doit focaliser ses efforts », a-t-il soutenu.

La délégation sahraouie a eu l’opportunité de rencontrer les ministres et les chefs de délégations européens et africains, rappelle le diplomate sahraoui, ajoutant que les rencontres ont porté sur deux thèmes, le premier concerne les efforts de l’ONU vis-à-vis de la question sahraouie et la prochaine réunion du Conseil de sécurité, alors que le deuxième porte sur l’Arrêt de la Cour de justice européenne (CJUE) concernant les accords d’association UE-Maroc incluant illégalement les territoires sahraouis occupés.

La délégation de la RASD qui a eu des échos positifs auprès de tous les participants, a eu des « discussions fructueuses et constructives » lors de cette rencontre, a-t-il souligné.

Le 29 septembre dernier, la CJUE avait annulé les deux accords de pêche et d’agriculture entre le Maroc et l’UE incluant les territoires sahraouis occupés, affirmant avoir été conclus en violation de la décision de la CJUE de 2016 et sans le consentement du peuple du Sahara Occidental.

Les travaux de la 2e réunion ministérielle UA-UE ont débuté mardi matin.

Deux principaux axes sont inscrits à l’ordre du jour de cette réunion, le premier portant sur l’examen de la coopération entre les deux organisations en vue de renforcer les capacités de lutte contre les facteurs menaçant la paix et la sécurité dans les deux continents, Afrique et Europe, et des dossiers inhérents à la bonne gouvernance, à la migration et à la circulation des personnes.

Le deuxième axe porte sur les moyens d’encourager l’investissement pour opérer des changements structurels durables en Afrique et d’améliorer les qualifications de la ressource humaine dans les domaines de l’enseignement, des sciences et de la technologie.

APS

Soudan : Le Premier ministre arrêté par des forces armées

Soudan : Le Premier ministre arrêté par des forces armées

Le général Abdel Fattah al-Burhan, à la tête des autorités de transition au Soudan, a annoncé lundi qu’il formerait un nouveau gouvernement composé de «personnes compétentes» après avoir dissout les autorités en charge du pays depuis le renversement de l’ancien président Omar El-Bachir en 2019.

«Le gouvernement est dissout, de même que le Conseil de souveraineté», a déclaré al-Burhan, «les préfets et ministres sont limogés, et l’état d’urge», a-t-il ajouté. Mais le général a réitéré son attachement à «la transition vers un Etat civil» et promis de créer les nombreuses institutions étatiques, comme la Cour suprême, qui auraient dû voir le jour il y a plusieurs mois, selon le calendrier de transition.
La télévision d’Etat a été prise par les militaires et à la mi-journée le général Abdel Fattah al-Burhan y est apparu pour faire un discours.
Des forces armées ont arrêté lundi le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, et l’»ont emmené vers un lieu non identifié», ont rapporté des médias, citant un communiqué du ministère soudanais de l’Information.
«Après avoir refusé de soutenir le coup d’Etat, des forces armées ont arrêté le Premier ministre Abdallah Hamdok et l’ont emmené vers un lieu non identifié», indique le ministère dans un communiqué publié sur sa page Facebook.
Plus tôt, le ministère soudanais de l’Information avait annoncé que des soldats ont arrêté lundi matin les dirigeants civils au Soudan.»La plupart des ministres et les membres civils du Conseil de souveraineté ont été arrêtés», ajoute la même source. «Les membres civils du Conseil de souveraineté» qui chapeaute la transition «et la plupart des ministres (…) ont été emmenés vers une destination inconnue», ajoute le texte.
Les appels de la communauté internationale à la retenue et au dialogue entre les civils et militaires se multiplient. «Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a appris avec une profonde consternation la grave évolution de la situation au Soudan», a affirmé l’organisation panafricaine, en appelant à «la reprise immédiate des consultations entre civils et militaires». De son côté, la Ligue arabe s’est dite «préoccupée» par les «développements» au Soudan.
Le secrétaire général de l’Organisation panarabe, Ahmed Aboul Gheit a appelé «toutes les parties à respecter» l’accord de partage du pouvoir de transition.
L’émissaire de l’ONU au Soudan Volker Perthes a, pour sa part, affirmé, que ces arrestations sont «inacceptables», se disant «très inquiet des informations sur un coup d’Etat». «J’appelle les forces armées à relâcher immédiatement les détenus», ajoute-t-il.

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Menaces sur la Transition

Le Soudan se trouverait il à la croisée des chemins. Le bras de fer qui dure depuis des semaines entre civils et militaires, et qui a connu un tournant dangereux avec l’arrestation du Premier ministre, de ministres et de membres civils du conseil de souveraineté, menace sérieusement cette transition née à coups d’affrontements meurtriers parfois, après la destitution de l’ex président Omar el Béchir. Le Soudan est en effet dirigé par un gouvernement civil-militaire intérimaire depuis 2019. L’armée a renversé l’autocrate de longue date Omar el-Béchir en avril de la même année, après quatre mois de manifestations de masse contre son régime. Avec le renversement d’el-Béchir, les généraux au pouvoir ont accepté de partager le pouvoir avec les civils représentant le mouvement de protestation. Mais cette idylle va vite montrer ses limites et les premières fissures dans la structure de transition ne tarderont pas à apparaitre. Ces tensions entre les civils et les généraux du gouvernement de transition ont augmenté depuis que les autorités intérimaires du Soudan ont déclaré avoir déjoué une tentative de coup d’État au sein de l’armée le mois dernier. Les responsables ont blâmé les loyalistes d’el-Béchir pour cette décision. L’annonce a également suscité des craintes parmi les civils que l’armée puisse éventuellement détourner la transition du pays vers un régime démocratique civil. Les chefs militaires ont également signalé un changement de direction. Le général Abdelfattah Burhan, chef du Conseil souverain au pouvoir, a déclaré que la dissolution du gouvernement du Premier ministre Abdullah Hamdok pourrait résoudre la crise politique actuelle. Ce dernier avait immédiatement répliqué dans un discours télévisé qu’il avait présenté une série de mesures qui, selon lui, contribueraient à accélérer le transfert à un gouvernement entièrement élu et civil. Ils comprenaient des exhortations répétées aux groupes d’opinions divergentes à travailler ensemble et au respect de la constitution de transition du pays et des organes judiciaires. Depuis la zone de turbulences s’est élargis pour s’étendre à la rue et la méfiance s’est installée entre les deux bords détériorant la relation pour l’avenir du pays. Jeudi, des milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de la capitale soudanaise, exigeant un gouvernement entièrement civil. Alors que la foule grossissait lors de marches séparées à Khartoum, les organisateurs de la manifestation ont déclaré que les forces de sécurité avaient attaqué un groupe de manifestants près du siège du Parlement. Un communiqué de la police a toutefois indiqué que certains manifestants s’étaient écartés de la marche par ailleurs pacifique et avaient attaqué les forces de sécurité, faisant des blessés parmi les policiers, dont deux par balles.

Risques de déraillement

Les rassemblements de jeudi dernier interviennent après qu’un groupe rival s’est rallié pour soutenir les chefs militaires. L’Association des professionnels soudanais, qui avait appelé à de grands rassemblements dans tout le pays, a déclaré jeudi soir dans un communiqué que les forces de sécurité avaient attaqué des manifestants près du siège du parlement du pays. Ils n’ont pas précisé la nature de l’attaque. La déclaration a exhorté les manifestants à rester pacifiques, mais de ne pas se retirer des rues jusqu’à ce qu’il y ait une passation du pouvoir.»Marquons avec nos protestations une nouvelle vague de soulèvement populaire qui ouvrira la voie à un régime pleinement civil et démocratique», lit-on dans une déclaration antérieure du groupe, qui a été le fer de lance du soulèvement qui a débuté en décembre 2018 et a culminé avec la chute d’el-Béchir.
Le risque d’un embrasement reste élevé et la menace d’une confrontation entre pro-démocrates et partisans des militaires devient plus qu’évidente. Samedi, des milliers de Soudanais sont descendus dans les rues de Khartoum pour exiger le démantèlement du gouvernement Hamdok et l’instauration d’un régime militaire. Depuis, des centaines d’entre eux campent devant le Palais républicain, siège du Conseil souverain. Ce jour-là, le ministre des Finances de M. Hamdok, Jibril Ibrahim en personne, haranguait la foule réclamant la démission du gouvernement. Le sit-in pro-armée est « un épisode dans le scénario d’un coup d’Etat «, dénonçait Jaafar Hassan, porte-parole du canal historique du bloc civil de la « révolution «, les Forces pour la liberté et le changement (FLC).
Les rassemblements de jeudi coïncident également avec le 57e anniversaire du soulèvement soudanais qui a mis fin au régime militaire du général Ibrahim Abboud en 1964 et ouvert la voie à un gouvernement constitutionnel. 57 ans après il semble que le retour à la case de départ soit inévitable.
Depuis le 16 octobre, les deux dissidents, Jibril Ibrahim et Minni Minnawi, gouverneur de la province du Darfour, appellent leurs partisans à se réunir devant le siège des autorités de transition ou des milliers de personnes dénonçaient la détérioration de la situation économique et exigeaient «la chute du gouvernement de la faim» du premier ministre Abdallah Hamdok. Si la colère est unanime, les exigences sont disparates. Certains demandent le remplacement du gouvernement par un cabinet de technocrates jusqu’à la tenue d’élections libres. D’autres réclament ostensiblement un coup de force militaire et la mainmise de l’armée sur le pouvoir. Parmi les soutiens du gouvernement, il y’en a qui craignent que l’émergence de cette nouvelle mouvance politique soit un jeu de dupes, donnant un visage acceptable à un parti qui permettrait aux généraux de rendre le pouvoir aux civils, conformément au document constitutionnel, mais tout en y préservant leurs mains mises.
« La transition soudanaise pourrait bien dérailler «. C’était les mots inquiets de Volker Perthes, le représentant de l’UNITAMS, la mission de l’ONU pour la transition au Soudan. Le médiateur des Nations unies estimait que les semaines qui viennent seront déterminantes. Washington par le biais de son secrétaire d’Etat Antony Blinken avait appelé les soudanais à exercer leur droit de réunion pacifiquement et sans violence.
L’heure tourne. La transition est arrivée à mi-chemin et la présidence du Conseil de souveraineté, aujourd’hui assumée par le général Abdelfattah al-Burhan, devrait échoir prochainement à un civil. Celui-ci a appelé à la dissolution du gouvernement actuel mais s’est défendu de chercher à entraver la transition démocratique, affirmant que l’armée serait garante des élections prévues début 2024.
La démonstration de force des pros-gouvernement visait consolider l’assise d’Abdallah Hamdok, toujours populaire malgré un programme d’austérité qui pèse sur les conditions de vie des Soudanais.
Convoitises et révoltes des dockers —inter
Le problème, c’est que cette « guerre « se déroule sur fond de crise dans l’est du pays. À Port-Soudan, des centaines de manifestants de la tribu des Beja bloquent, depuis près d’un mois, les installations portuaires. Plus d’importations, plus d’exportations: une situation qui aggrave d’autant plus les pénuries déjà quotidiennes. Lundi dernier, à Khartoum, il n’y avait quasiment plus de pain dans les boulangeries, car les stocks de blé ont été écoulés.
De Washington à Moscou en passant par Ankara, les ports soudanais, dont Port-Soudan bloqué par des manifestants, et un chapelet d’îles sur la mer Rouge aiguisent appétits commerciaux et intérêts militaires.
Depuis un mois, le principal port du Soudan est en grande partie fermé par des manifestants qui accusent Khartoum de ne pas accorder à l’Est la représentation qu’il mérite au sein des nouvelles autorités. De ce fait, la plupart des bateaux ont été redirigés vers d’autres ports de la région, principalement égyptiens. Cette mobilisation n’est que le dernier épisode d’une longue lutte de pouvoir sur les rives soudanaises de la mer Rouge, mais aussi objet de convoitise des puissances étrangères telles Washington Téhéran Ankara Pékin et Moscou. Le port de Suakin autrefois florissant, a été cédé en 2017 à la Turquie par le bais d’un accord qui couvre un bail de 99 ans.Cet accord avait alors suscité l’inquiétude des grands rivaux régionaux de la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Egypte, toutes deux bordées par la mer Rouge et qui redoutaient qu’Erdogan n’étende son influence dans la région.
Toujours sous le règne d’el Béchir, Khartoum avait négocié en 2017 avec Moscou la construction d’une base navale à Port-Soudan pour accueillir jusqu’à 300 hommes, militaires et civils, et même des navires à propulsion nucléaire. Mais en juin dernier, le Soudan, que les Etats-Unis venaient de retirer de leur liste des pays soutenant le terrorisme, a dit « réexaminer « l’accord. Car Washington a aussi un œil sur la mer Rouge. « C’est un couloir clé pour les flottes américaines «, car « elle relie la Vie flotte «, basée en Italie sur la Méditerranée « à la Ve flotte basée dans le Golfe « à Bahreïn.
Partout, des centaines de camions chargés de marchandises import-export ou de carburant pour faire tourner les usines et alimenter les centrales attendent: à Port-Soudan, depuis plus d’un mois, les manifestants ont brutalement coupé l’approvisionnement du Soudant out entier. Ce blocage a des répercussions jusqu’à l’autre bout du pays, comme au Darfour, où des habitants manifestent contre les pénuries. Cette crise sape aussi un peu plus des autorités prises dans une difficile transition. Elle s’ajoute aussi aux fractures qui se creusent entre civils et militaires au pouvoir.

El moudjahid