Le 4e Festival de la Littérature et du Cinéma féminin de Saïda en décembre

Le 4e Festival de la Littérature et du Cinéma féminin de Saïda en décembre

ALGER – Le quatrième Festival National de la Littérature et du Cinéma féminin de Saïda, prévu du 11 au 15 décembre, sera animé par une sélection littéraire dans les trois langues l’Arabe, le Tamazight et le Français, ainsi que par la projection de plusieurs films algériens aux thématiques en lien avec la promotion de la femme, indiquent les organisateurs dans un communiqué.
Sous le slogan « L’autre regard », la quatrième édition de ce festival, qui revient « après le succès des précédentes éditions », accueillera dans le strict respect des mesures de prévention sanitaire contre la propagation du Coronavirus, des hommes et femmes de Lettres de renoms, à l’instar de Waciny Laredj, Maissa Bey, Sabiha Benmansour, Aldjia Bouhar, Chabha Bengana, Hadjer Kouidri, Zineb Sekkal et Chaimaa Bendjoudi.

D’un autre côté, plusieurs longs métrages aux contenus mettant en valeur la femme et son droit « irréversible » à disposer de sa vie, seront projetés, « Saliha » (2021) de Mohamed Sahraoui, « Juventus Timgad » (2016) de Fabrice Benbaouche, « 143 rue du désert » (documentaire-2019) de Hassen Ferhani, « Elle nous regarde » (2020) de Lyna Zerrouki, « L’Etoile d’Alger » (2016) de Rachid Belhadj et « Papicha » (2019) de Mounia Meddour, entre autre, précisent encore les organisateurs.
Dans les différentes salles d’exposition, poursuit le communiqué, des ciné-concerts inédits et des ateliers d’effet spéciaux seront également en libre accès, dans une édition qui offrira l’opportunité au grand public de se rapprocher des artistes et comédiens d’autres courts métrage présélectionnés pour le concours du Grand prix, présentés par leurs réalisateurs.

A cet effet, un jury sera constitué de Tahar Boukella, Président, Yasmine Chouikh et Rania Serouti, membres, pour la nomination du Grand Prix et de la meilleure interprétation féminine.

Lors de l’ouverture de cet événement, organisé sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, en collaboration avec la wilaya de Saida, un hommage sera rendu à Yamina Chouikh et à « Mama Nedjwa », de son vrai nom Ghania Benstiti, célèbre animatrice de télévision de l’émission des années 1980, Nadi El Atfal (Club des enfants), conclut le communiqué.

Festival de la littérature et du cinéma de la femme, à Saïda : Belkacem Hadjadj président du jury

Festival de la littérature et du cinéma de la femme, à Saïda : Belkacem Hadjadj président du jury

Après une année d’absence, dictée par la crise sanitaire liée au coronavirus, la 4e édition du Festival national de la littérature et du cinéma de la femme, à Saïda, se tiendra du 11 au 15 décembre prochain à la salle de cinéma Douniazed, a-t-on appris, mercredi, de son commissaire, Karim Mouley. «Le cinéma de la femme, l’autre regard» est la thématique conçue pour cette manifestation première et unique en Algérie qui conjugue littérature et cinéma, dédiée particulièrement à la femme. Au programme, huit courts métrages en compétition et huit longs métrages hors compétition.
Pour la compétition officielle, le commissariat du festival a fait appel au cinéaste, réalisateur, producteur et acteur Belkacem Hadjadj qui va présider le jury et qui sera soutenu par la comédienne Rania Serouti et la réalisatrice Yasmine Chouikh.
Par ailleurs et dans le volet littéraire, le festival national de la littérature et du cinéma de la femme, à Saïda, sera l’occasion pour de nombreux romanciers de présenter leurs dernières œuvres éditées en langues nationales (arabe, tamazight) et en langue française, parmi lesquels, Waciny Laredj, Maïssa Bey et Sabiha Benmansour. L’autre nouveauté de cette édition est la tenue d’un atelier de formation, premier du genre en Algérie, consacré aux effets spéciaux aux normes internationales. L’activité sera encadrée par un spécialiste de renommée internationale. Dans sa 4e édition, la manifestation rendra hommage à la famille cinéaste Yamina Bachir Chouikh et Mama Nadjwa, une ancienne animatrice télé pour enfants.

EL MOUDJAHID

« Korandjé », un album de chansons dédié à la préservation du parler de la région de Tabelbala

« Korandjé », un album de chansons dédié à la préservation du parler de la région de Tabelbala

ALGER – « Korandjé » (le parler de Tabelbala), est l’intitulé d’un premier CD de six chansons, produit par le Haut commissariat à l’Amazighité (HCA) et dédié à la préservation de cette langue menacée de disparition, constituée principalement de Songhai, langue nilo-saharienne parlée dans plusieurs pays du Sahel, et enrichie de Tamazight et d’Arabe.
Conçus et interprétés par Mostefa Mekhloufi sur des textes de sa plume, les six titres de cet album qui contribue à la « réhabilitation de l’Amazighité et de sa promotion linguistique et artistique », invitent les mélomanes à une belle randonnée onirique aux contenus autochtones et aux formes modernes ouvertes sur le monde.

Faisant renaître dans l’imaginaire du récepteur, le silence et la sagesse des grandes étendues, les pièces de ce nouveau venu dans la grande phonothèque anthropologique du patrimoine algérien, sont montées, en une trentaine de minutes, sur des cadences ternaires lentes, source de méditation rendue par une variété de percussions, et des sonorités denses du Oud (luth) et du goumbri.
Evoquant des thématiques en lien avec, l’appel profond de la patrie, l’espoir, la langue maternelle, la relation au père, la paix et la tolérance ainsi que la pluie, comme signe porteur de bienfaits symbolisant la vie, les textes de Mostefa Mekhloufi, interpellent l’individu dans les profondeurs de son être, à travers des variations mélodiques au mode essentiellement pentatonique, habillées par des arrangements esthétiques.

Relayé par les chœurs de Abdessalem Abdou et Ali Soudani, sur les cadences de Slimane Bourougaâ et Boualem Ouseghir, Mostefa Mekhloufi, à la voix sereine et accrocheuse, a notamment rendu dans un ton apaisé, les pièces, « Aâba âemyar » (envie d’un retour), « Tamissi » (comment serait-ce possible), « Kwarandi » (variante linguistique locale de Tabelbala), « Aânebba » (papa), Maghnissi (Paix sur toi) et « Baghni » (Pluie).

Le Korandjé est « concentré dans les villages de Kwara (Zaouïa), Ifrnyu (Cheraïa) et Yami (Mahkhlouf), autour de l’oasis de Tabelbala dans la wilaya de Béni Abbés, au Sud-Ouest de l’Algérie ».

La sortie de cet album est la « première phase » d’un « processus de sauvegarde » entrepris par le HCA qui répond à l’urgence absolue exprimée en février 2021 par les citoyens de la région de Tabelballa « soucieux de la préservation et du devenir » du « Korandji » qui figure sur la liste des langues menacées de disparition, comme le signale officiellement l’Unesco dans ses rapports.
Soutenu par l’APS, la Radio algérienne, la Commission nationale algérienne pour la Science et l’Education, ainsi que par l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture ( Unesco), « Korandjé » est un album qui n' »est pas destiné à la vente », ayant pour seule vocation de mettre cette variante linguistique et ce parler unique en Algérie, à la disposition des « relais institutionnels de recherche et d’éducation », qui contribueront à sa « description puis sa préservation ».

Théâtre: consacrer la prise en charge des problématiques de la langue et la culture amazighes

Théâtre: consacrer la prise en charge des problématiques de la langue et la culture amazighes

MILA – Le colloque national sur le théâtre algérien d’expression amazighe, ouvert dimanche au centre universitaire Abdelhafid Boussouf de Mila, est une « consécration des traditions de prise en charge des problématiques de la langue et de la culture amazighes au sein de l’espace universitaire », a affirmé le Secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité (HCA), Si El-Hachemi Assad.

La tenue de ce premier colloque national sur « Le théâtre algérien d’expression amazighe, modes de réflexion et formes de créativité, entre tradition et modernité », constitue « une initiative remarquable qui a des échos et des perspectives du fait de développer des approches scientifiques basées sur l’objectivité et la crédibilité », a considéré le secrétaire général du HCA.

Si El-Hachemi Assad a invité les institutions officielles et les acteurs de la société civile à puiser dans le patrimoine algérien amazigh « rassembleur et riche » au regard de son impact sur la créativité humaine, notamment concernant les origines du théâtre ancien dans le bassin méditerranéen.

Ce patrimoine a contribué à donner de nouvelles dimensions à la recherche sur les divers genres théâtraux dont les carnavals, les traditions et les légendes, a-t-il ajouté, estimant que cela « nous invite à être fiers de notre patrimoine civilisationnel, à le valoriser et à le promouvoir de toutes les manières et sur les différents médias ».

Il a également salué la déclaration du Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, sur la nécessité de revaloriser les diverses étapes et les personnalités historiques qui ont façonné le parcours de la nation algérienne à travers l’histoire.

Le secrétaire général du HCA a également exprimé son espoir d’actualiser certaines lois pour accompagner la nouvelle Constitution et les acquis de la langue et la culture amazighes, notamment après l’installation de la Cour constitutionnelle, notant à ce propos que la loi d’orientation sur l’éducation nationale date de 2008.

Il a également mis en exergue les divers acquis de la langue amazighe dans plusieurs structures officielles et équipements publics, saluant l’initiative de l’agence Algérie presse service qui utilise depuis 2015 la langue amazighe.

Il a évoqué, en outre, le recours de l’Autorité nationale indépendante des élections à la langue amazighe avec l’arabe, d’une manière simple, facilitant son adoption par le citoyen particulièrement en cette période de parachèvement de l’édification institutionnelle de la nouvelle Algérie.

Dans une conférence de presse, tenue avant une rencontre de concertation avec les enseignants de la langue amazighe à Mila, Si El Hachemi Assad a passé en revue les efforts visant la consolidation de la place de cette langue, rappelant le dernier accord avec le ministère de l’Education nationale relative à la généralisation progressive de cette langue à travers le pays, en qualifiant de « timide » son enseignement à Mila.

Répondant à une question sur la protection du patrimoine oral amazigh « menacé d’extinction », il a affirmé que le HCA a mis en place tous les moyens de prise en charge et conclu des partenariats avec les associations culturelles amazighes du pays auxquelles un budget pour leur soutien et accompagnement a été consacré, en plus du soutien de projets de jumelage avec d’autres partenaires dont le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Ce colloque national de deux jours verra la présentation de près de 40 communications par des chercheurs de plusieurs universités du pays, dont celles de Tizi-Ouzou, Bouira, Oum El Bouaghi, Constantine et Mila, a indiqué la présidente de la rencontre, Asma Hambli.

La manifestation abordera les caractéristiques du discours théâtral amazigh à travers lesquelles il se distingue du type traditionnel dans la forme et le fond, a ajouté la même source.

« La vie d’après » d’Anis Djaad et « Marin des montagnes » de Karim Ainouz primés au festival d’Amiens

« La vie d’après » d’Anis Djaad et « Marin des montagnes » de Karim Ainouz primés au festival d’Amiens

ALGER – Le long métrage de fiction « La vie d’après » de Anis Djaad a obtenu la Mention spéciale au 41e Festival international du film d’Amiens (France), et le Grand prix documentaire est revenu à Karim Ainouz pour son film, « Marin des montagnes », peut-on lire dans le palmarès du festival, publié samedi sur le Site Internet de l’événement.

Premier long métrage du réalisateur, « La vie d’après » relate l’histoire de Hadjer qui tente de se reconstruire une vie avec son fils Djamil, après le lâche assassinat de son époux par un groupe terroriste.

Seule, proie à toutes les difficultés de la vie, Hadjer se retrouve avec son fils, face à l’adversité de la vie, amplifiée par son nouveau statut social et sa condition modeste dans son village reculé de l’ouest du pays.

Journaliste, scénariste et réalisateur, Anis Djaad a signé son premier court métrage, « Le hublot » en 2012, suivi en 2014 de « Passage à niveau » puis par « Le voyage de Keltoum » en 2016.

Dans « Marain des montagnes », Karim Ainouz décide, en janvier 2019, de traverser la Méditerranée en bateau et d’entreprendre son tout premier voyage en Algérie, son pays d’origine.

Brésilien d’origine algérienne, Karim Ainouz livre un récit détaillé du voyage vers la terre natale de son père, de la traversée de la mer à son arrivée dans les montagnes de Kabylie, entremêlant présent, passé et futur.

Karim Ainouz, est scénariste et réalisateur, comptant à son actif de nombreuses fictions, notamment des courts métrages et des documentaires sélectionnés dans de multiples festivals internationaux.

Se déroulant du 12 au 20 novembre, le 41ème Festival International du Film d’Amiens, a réuni plus de 120 films. le « Grand Prix fiction » du 41e Fifam a été partagé entre Claire Simon pour son film, « Vous ne désirez que moi » et Manuel Nieto Zas pour « Employé / patron ».

APS

« Fahla », premier roman en daridja, de Rabeh Sbaa : « L’arabe algérien n’est pas un arabe dégradé»

« Fahla », premier roman en daridja, de Rabeh Sbaa : « L’arabe algérien n’est pas un arabe dégradé»

Sociologue, essayiste, chroniqueur et professeur d’anthropologie linguistique à l’université d’Oran, Rabeh Sebaa ne pouvait s’arrêter en si bon chemin. L’intellectuel oranais ose « l’impensable littéraire». Il s’engouffre entre les failles et interstices creusés par les univers littéraires faussement antagoniques (francophone/arabophone), refuse les diktats linguistiques, exclusifs et totalitaires. Hier, le Tiers-monde, la mythique librairie de la Place Emir, Sebaa a fait sensation, lors d’une vente dédicace où un aperçu didactique a été donné à son publicsur son roman intitulé « Fahla ». Ecrit en arabe dialectale algérien (daridja), servi par une transcription latine, Fahla est un poignant plaidoyer, si non une déclaration d’amour pour la « Daridja algérienne « , l’arabe populaire.  » Fahla n’est pas mois un personnage de fiction. Une Femme, il va de soi. Personnage principal, certes, du roman, mais aussi une métaphore pour désigner ce « bled el Fahla, ce pays de résistants, au féminin pluriel, toujours vent-debout contre les envahisseurs en tous poils. « Fahla, un symbole de résistance » dixit Rabeh Sbaa. Edité chez Frantz fanon (les éditions), le roman retourne comme un chaussette, une société engloutie dans  » les fausses valeurs religieuses érigées en dogme  » et qui cherche les chemins de sa libération à travers l’élément le plus fragile socialement mais aussi le plus potentiellement subversif : la femme ». Tout commence dans un cimetière, le jour de l’enterrement d’un poète,  » El Goual », qui n’ayant pas le droit d’entrer à la nécropole, des femmes partent, instinctivement, en « révolution » permanente. Contre la marginalisation, l’oppression, la violence et le « règne des ténèbres ». L’auteur a une haute idée des langues vernaculaires.  » Je préfère d’ailleurs parler de la langue algérienne que daridja qui mal traduit la notion de langue dialectale et qui charrie une forte péjoration » a-t-il souligné. Écrit en deux versions (graphie latine et arabe), l’ouvrage ambitionne de jeter les bases d’une nouvelle littérature algérienne usant, pour ce faire, de la langue la plus « partagée » en Algérie et de laisser « s’exprimer la viscéralité de notre société dans sa plus riche et vigoureuse spontanéité ». A découvrir. Démarche totalement inédite, Rabeh Sebaa n’en est pas moins à l’aise :  » L’algérien n’est pas un conjoint linguistique du pouvoir.  Mais n’est pas un dialecte non plus. L’algérien n’est pas un arabe dégradé.  Ou un arabe périphérique. Je ne répéterai jamais assez, l’algérien est une langue à part entière. L’algérien est une langue avec sa grammaire, sa syntaxe, sa sémantique et toute sa personnalité linguistique « .

EL MOUDJAHID