Le Président russe a critiqué la présence de forces étrangères en Syrie sans l’accord de Damas. Une déclaration alors qu’il recevait à Moscou le président Bachar el-Assad lundi. Lors de cette rare rencontre en tête à tête entre Vladimir Poutine et Bachar el-Assad, le Président russe a estimé que les «terroristes ont subi des dommages considérables» en Syrie, où les forces gouvernementales contrôlent selon lui «90% du territoire». Vladimir Poutine a toutefois estimé, selon un communiqué du Kremlin publié hier, que le «principal problème» de la Syrie est l’ingérence étrangère sur son sol. «Des forces armées étrangères, sans décision de l’ONU, sans votre accord, sont présentes sur certains territoires du pays, ce qui est manifestement contraire au droit international», a ainsi dénoncé l’homme fort du Kremlin. Le Président russe n’a pas précisé quelles sont les forces étrangères en question. Mais la Turquie et ses alliés syriens contrôlent notamment des zones dans le nord de la Syrie, tandis que la coalition militaire menée par les États-Unis est basée dans le nord-est en soutien aux forces kurdes. Le Président syrien a de son côté salué les «résultats significatifs obtenus par la Russie et la Syrie dans la libération des territoires occupés par les combattants et dans la destruction du terrorisme». Il a toutefois reconnu que les «processus politiques» engagés pour mettre un terme à la guerre en Syrie «se sont arrêtés», imputant la paralysie des diverses négociations à «l’influence destructrice» de «certains États».
Par ailleurs, selon un rapport établi par des enquêteurs de l’ONU, le pays n’est toujours pas sûr pour le retour des réfugiés. La Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie a déclaré que la situation générale était de plus en plus sombre, notant les hostilités dans plusieurs régions du pays fracturé, son économie en effondrement, l’assèchement des lits des rivières et l’augmentation des attaques des militants de l’État islamique. «Une décennie plus tard, les parties au conflit continuent de perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité et d’enfreindre les droits humains fondamentaux des Syriens», a déclaré le président de la Commission, Paulo Pinheiro, lors de la publication de son 24e rapport. Alors que les autorités syriennes récupèrent la majeure partie de la Syrie, des zones importantes restent hors de son contrôle : les forces turques sont déployées dans une grande partie du nord et du nord-ouest – le dernier bastion majeur des rebelles anti-Assad – et les forces américaines sont stationnées dans l’est et le nord-est contrôlés par les Kurdes. Le commissaire Hanny Megally a déclaré qu’il y avait eu un «retour des sièges et des tactiques de siège» dans le sud-ouest de la Syrie – une région où les forces gouvernementales soutenues par la Russie ont mené une campagne pour venir à bout d’une poche tenue par les rebelles dans la ville de Deraa. Au moins 243 personnes ont été tuées ou mutilées dans sept attentats à la voiture piégée dans les villes tenues par les rebelles d’Afrin et de Ras al-Aïn au nord d’Alep, bien que le bilan total soit considérablement plus élevé, selon le communiqué. Le rapport a critiqué le groupe islamiste qui contrôle Idlib, Hayat Tahrir al-Sham, pour avoir imposé des restrictions aux médias et à la liberté d’expression, affirmant qu’il avait arbitrairement détenu des militants, des médias et des journalistes, y compris des femmes.