ALGER – La récente nomination de sept envoyés spéciaux par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, s’inscrit dans la nouvelle politique étrangère de l’Algérie, « tournée désormais vers une logique d’influence », a soutenu, lundi le professeur M’hand Berkouk, spécialiste des questions géostratégiques et sécuritaires, au cours du Forum du quotidien Le Courrier d’Algérie.

Cette décision est dictée par « la volonté de l’Algérie de jouer un rôle de premier rang dans la résolution des crises dans la région (Afrique-Maghreb, Monde arabe) et d’influencer sur les décisions à l’échelle internationale, » indique M. Berkouk, rappelant que cette volonté a été dévoilée par le président de la République dans son discours d’investiture et réitérée dans son allocution lors de sa première participation au sommet de l’Union africaine en février 2020.

La nomination des sept envoyés spéciaux répond surtout à deux catégories d’objectifs tracés par le président de la République, à savoir « des objectifs géostratégiques et des objectifs thématiques », précise-t-il.

S’agissant des objectifs géostratégiques, la diplomatie algérienne s’est fixée quatre priorités, axées sur  l’Afrique, le Maghreb, le Monde arabe et les grands partenariats (UE-Russie-Chine), et dont les missions sont confiées à quatre diplomates chevronnés.

Pour ce qui est des objectifs thématiques, M. Berkouk souligne que la nouvelle logique de la diplomatie algérienne vise notamment « le développement  du commerce extérieur, la diplomatie économique et  la communauté  nationale établie à l’étranger qui pourra, selon lui,  » jouer un grand rôle dans la promotion de l’image de l’Algérie à l’internationale ».

M. Berkouk rappelle, en outre la création de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, qui « s’inscrit également dans la nouvelle démarche de la diplomatie algérienne, soulignant que « les missions dévolues à cette institution permettent de suivre de prés la concrétisation des engagements de l’Algérie à l’international ».

Abordant, par ailleurs, le rôle de la diplomatie algérienne dans la résolution des crises dans la région , M.Berkouk relève  que « le rôle de l’Algérie a été positif et déterminant à plusieurs occasions ».

« L’Algérie a participé amplement à l’extinction de plusieurs foyers de tension  dans les pays du Sahel et de l’Afrique, Elle est en train de jouer un rôle déterminant dans la résolution de la crise libyenne. De même pour ce qui est de la cause palestinienne », indique-t-il.

Evoquant  la rupture des relations  diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc, le spécialiste en géostratégie explique que « la décision de l’Algérie est judicieuse à plusieurs égards ».

« Les trahisons du Maroc sont nombreuses. Il a trahi pratiquement tous ses engagements envers l’Algérie. Il a de tout temps œuvré à ternir l’image de l’Algérie à l’international », souligne l’expert.

« Le Maroc est devenu après la normalisation de ses relations avec Israël un facteur de déstabilisation dans la région », soutient M. Berkouk.

APS