LIMA – Le ministre des Affaires étrangères du Pérou, Oscar Maurtua, a défendu lundi devant la Commission des Affaires étrangères du Congrès péruvien sa décision de rétablir les relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD), affirmant qu’elle reflétait la trajectoire historique du Pérou en tant que pays de tradition démocratique et respectueux du droit international.
« Cette décision reflète la trajectoire historique du Pérou en tant que pays de tradition démocratique respectant les principes et fondements du droit international », a déclaré M. Maurtua, devant le Congrès péruvien au cours d’une audition sur la reprise des relations entre le Pérou la RASD.

Selon EuropaPress, le ministre a indiqué que le Pérou avait agi dans le respect du droit à l’autodétermination des peuples, ainsi que sur la base de l’arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ) de 1975.

Il a précisé que dans ce document de la CIJ faisant référence à la question du Sahara occidental, il est précisé « qu’il s’agit d’un territoire non autonome et par conséquent il n’y avait « aucun obstacle » empêchant le peuple sahraoui de jouir de son droit à l’autodétermination, « exprimé en 1976 lors de la proclamation de son indépendance ».

M. Maurtua a souligné qu’avec cette décision, le Pérou adopte une position selon laquelle les deux parties ((Maroc et Front Polisario) sont perçues sur le même pied d’égalité en tant qu’acteurs impliqués dans le processus de dialogue sous l’égide de l’ONU, en vue de parvenir à une solution politique, négociée, équitable et conforme au droit international.

Il a réitéré, à ce titre, le soutien de Lima à des négociations directes sous les auspices du Secrétaire général des Nations unies (Antonio Guterres), rappelant que son pays avait reconnu la RASD comme « Etat souverain et indépendant » le 16 août 1984, à l’époque du gouvernement de Fernando Belaunde.

La décision du gouvernement a été saluée par plusieurs hommes politiques au Pérou, notamment par le secrétaire général et fondateur du parti péruvien de gauche, Pérou Libre, Vladimir Cerron, qui a remercié le président, Pedro Castillo, pour avoir rétabli les relations diplomatiques avec la RASD.

Margot Palacios, membre du congrès péruvien a également salué le président Castillo pour le rétablissent des relations diplomatiques, après une rupture de 25 ans.

A l’international, le membre de la Chambre des représentants de Colombie, German Navas Talero, s’est félicité du rapprochement entre les deux pays, évoquant « une démonstration de respect pour l’autodétermination des peuples » de la part du Pérou.

Le Pérou avait reconnu la RASD en 1984 sous le mandat du président Fernando Belaunde avant de rompre ses relations 12 ans après avec la République sahraouie durant le règne d’Alberto Kenya Fujimori.

A l’époque Fujimori, influencé par son conseiller Vladimiro Montesino, acquis aux thèses du Makhzen, avait pris cette décision contre une contrepartie financière, avaient révélé, à l’époque, des sources péruviennes à Lima.