Véritable problème de santé publique, l’ostéoporose, préviennent les spécialistes, est une maladie qui progresse à grande vitesse en Algérie. Une étude effectué auprès de femmes âgées dans la région de Douéra (Alger), intitulée «Déterminer la prévalence de l’ostéoporose post-ménopausique en Algérie» a démontré que 41,7% de la population féminine, âgée de 45 ans et plus, souffrent de cette maladie, alors que 40% d’entre-elles ont développé une ostéopénie. 25.000 nouveaux cas sont enregistrés annuellement.
Caractérisée par une perte de la résistance des os qui prédispose aux fractures, cette pathologie provoque, dans la plupart des cas, la fragilisation des os à cause d’un manque de calcium, de phosphore et d’autres minéraux.
Interrogée en marge de la journée de sensibilisation organisée par les Laboratoires «Frater-Razes» ­ -à l’occasion de la journée mondiale de l’Ostéoporose-, le Dr Chafika Haouichat, chef de service Rhumatologie au CHU de Douéra a indiqué que si la perte osseuse est «normale», en phase de vieillissement, certains facteurs peuvent néanmoins «accélérer» le processus et conduire à l’apparition «plus rapide» d’une ostéoporose.
«Chez les femmes, l’ostéoporose est le plus souvent observée après la ménopause, à la suite d’une carence en œstrogène», explique-t-elle. Selon la spécialiste, son service enregistre, chaque année, «énormément» de fractures de hanche (partie supérieure du fémur et col du fémur), particulièrement chez les personnes âgées, et la plupart d’entre elles sont dues à l’ostéoporose.
Les facteurs favorisant l’ostéoporose sont dues aussi au manque de vitamine D, du calcium dans les aliments, de la consommation de tabac et d’alcool ainsi que le manque d’activité physique, la prise de corticoïdes pour une longue période et de certains traitements anti hormonaux.
« Cette maladie peut conduire malheureusement à des fractures aux conséquences physiques et psychiques graves. La seule manifestation de l’ostéoporose est la douleur liée à la survenue de fractures pour des traumatismes minimes comme par exemple suite à une simple chute.
Les modifications du tissu osseux, responsables de la fragilité du squelette, sont «indolores, sauf en cas de fracture», a-t-elle ajouté. Pour le Dr C. Haouichat, les données rapportées par l’étude sont «importantes» et renseignent sur l’urgence d’une prise en charge des personnes souffrantes.
La praticienne regrettera, toutefois, le manque d’appareils dédiés au diagnostic précoce et de mesure de la Densité minérale osseuse (DMO) et le défaut d’examens biologiques. «Tous les hôpitaux, insiste-elle, doivent disposer d’ une DMO pour le diagnostic précoce, et en moyens thérapeutiques».