Le 20 juin de chaque année, coïncide avec la Journée mondiale des réfugiés, approuvée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2000. Une journée où les regards sont tournés vers cette population fragilisée par des situations dont ils ne sont nullement responsables. Des conflits dont ils sont les premières victimes. Le 20 juin permet ainsi de mettre en lumière les souffrances et les besoins des réfugiés, et à discuter des moyens de les soutenir et de les aider à surmonter leur tragédie et leurs traumatismes causés par un déracinement forcé. «Il est possible d’agir», affirme Filippo Grandi, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés dans un message adressé à cette occasion et qui, néanmoins, s’alarme du nombre croissant de réfugiés à travers le monde en raison, selon lui, de l’incapacité des dirigeants mondiaux à mettre un terme aux conflits qui poussent des millions de personnes à fuir leurs maisons et leurs pays. Mais parfois, c’est seulement un manque de volonté politique qui fait que les conflits perdurent des années durant. Le souci des dirigeants mondiaux est avant tout lié à la préservation de leurs intérêts géostratégiques. Pour les victimes collatérales, il sera toujours temps de chercher une solution. La conséquence de cette duplicité est soulignée par le HCR. Cent millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers. Plus grave encore, «soit la communauté internationale se mobilise pour réagir face à ce drame humain, pour mettre fin aux conflits et parvenir à des solutions durables, soit cette tendance dramatique se poursuivra», a aussi mis en garde Filippo Grandi. Cent millions est certes un chiffre inimaginable, mais il reflète, avant tout, la triste réalité de ce monde. Une réalité que vit au quotidien, faut-il le souligner, 6, 4 millions de palestiniens en raison de leur déplacement forcé de leurs terres lors de la Nakba de 1948. Une population que l’on veut effacer des radars. Preuve en est, ce sont principalement les réfugiés issus de nouvelles situations d’urgence dans le monde qui sont cités dans les rapports et pour qui on demande à ce que des solutions soient apportées pour qu’ils puissent réintégrer en toute sécurité leurs pays. Le cas des Palestiniens n’est plus prioritaire. Pourtant, selon les statistiques de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), arrêtées en décembre 2020, 28,4% des 6,4 millions de réfugiés enregistrés vivent dans 58 camps officiels, dont 19 se trouvent en Cisjordanie, 12 au Liban, 10 en Jordanie, 9 en Syrie et 8 dans la bande de Ghaza. Pis encore, parce que l’agence onusienne accuse actuellement un déficit de 100 millions de dollars sur un budget de 806 millions de dollars, selon le directeur du bureau européen de l’agence, ils sont menacés par la précarité. A titre d’exemple, en 2022, l’UNRWA n’a obtenu que 49 millions de dollars sur les 365 millions qu’elle avait demandés pour les réfugiés touchés par la crise en Syrie, où vivent actuellement 438.000 Palestiniens. Européens et américains ont considérablement réduit leur soutien financier, alors que les 6,4 millions de réfugiés palestiniens ne rêvent que d’une chose, à savoir revenir sur leurs terres. La «marche du retour», un mouvement de protestation civile, a été lancé le 30 mars 2018 dans la bande de Ghaza pour dénoncer le blocus israélien et réclamer le «droit au retour». ELmoudjahid