TIZI-OUZOU – Considéré comme mort au champ d’honneur durant la révolution de libération nationale, le moudjahid Mokrane Benyoucef, aujourd’hui âgé de 83 ans, a vécu sa « résurrection » à l’indépendance, lorsqu’il retrouva ses parents à Tizi-Ouzou, dans une joie indescriptible.

Rencontré au chef lieu de wilaya, à la maison de la culture Mouloud Mammeri , ancienne prison à l’époque coloniale, à la veille de la célébration de la fête de l’indépendance et de la jeunesse, cet ancien maquisard né le 18 mars 1938 à Tizi-Ouzou, garde gravé dans sa mémoire la joie des siens à son retour de la wilaya II historique, après l’indépendance.

Pour cet ancien étudiant du collège technique de Tizi-Ouzou qui a rejoint les maquis en 1957, un long parcours de révolutionnaire allait commencer, durant lequel il avait frôlé la mort plusieurs fois après avoir échappé à un encerclement. Il est resté dans l’eau, avec une blessure au ventre pendant des jours en plein hiver, échappé à la bleuite, et traversé les lignes Challe et Maurice pour s’en sortir vivant.

« Pour me consacrer totalement à la Révolution, persuadé que je n’allais pas revenir vivant, et afin de ne pas faire souffrir ma famille, j’ai fait le choix de ne plus donner de mes nouvelles à mes parents », a-t-il dit.

Sa famille pouvait avoir de ses nouvelles par le biais d’autres moudjahidine, lorsqu’il était encore dans la wilaya III historique, ce ne fut plus le cas à partir de 1959, lorsqu’il s’était porté volontaire pour faire partie d’une compagnie qui allait se rendre en Tunisie pour ramener des armes.

« C’était à la fin de 1959. Il a fallu à la compagnie qui était composée de 150 moudjahidine, 3 mois et 18 jours pour traverser les lignes Challe et Maurice et d’énormes pertes humaines, car au retour, en 1960, nous n’étions plus que 17 vivants de ce périple infernal », se souvient-il.