NEW YORK (Nations-Unies) – Les travaux de la 76ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies débutent, mardi, à New York avec la participation en présentiel des dirigeants d’au moins 100 pays, signe d’un retour progressif à la normale après de longs mois de restrictions en raison de la Covid-19.
Le débat général, aura lieu du 21 au 27 septembre mais le méga-événement diplomatique sera beaucoup plus physique cette année comparé à la session précédente.

Jusqu’a jeudi dernier, pas moins de 83 chefs d’Etats ont personnellement annoncé leur intention d’y assister, a indiqué le président de la 75ème session de l’AG, Volkan Bozkir lors de sa dernière conférence de presse.

Figurent aussi parmi les participants en personne, un vice-président, 43 chefs de gouvernement, 3 vice-Premiers ministres et 23 ministres des Affaires étrangères, a ajouté le président sortant.

« A mesure que la situation (sanitaire) à New York s’améliore, le président sortant de l’AG Volkan Bozkir a procédé à une augmentation du nombre de délégués (pouvant être) présents dans la salle de l’Assemblée générale de 1 à 1+1, et pour la semaine de haut niveau à 1+3 », a indiqué le bureau de la présidence de l’AG dans une note rendue publique.
Par ailleurs, les délégations qui ne pourront pas faire le déplacement au siège de l’ONU en raison des préoccupations liées à la pandémie de Covid-19, auront la possibilité « d’envoyer une déclaration vidéo pré-enregistrée » qui sera diffusée à la salle de l’Assemblée générale lors des séances du débat général.

Vingt-six (26) dirigeants ont décidé d’utiliser ce moyen, selon Bozkir.

Les travaux de la 76 ème session seront ouverts par le président de l’AG Abdulla Shahid, ministre des Affaires étrangères des Maldives, élu le 7 juin 2021.

Ce dernier a suggéré aux Etats membres (193) le thème : « Miser sur l’espoir pour renforcer la résilience afin de se relever de la Covid-19, reconstruire durablement, répondre aux besoins de la planète, respecter les droits des personnes et revitaliser l’Organisation des Nations Unies ».
Le lancement des travaux se fera immédiatement après la clôture de la 75ème session, où le président sortant Volkan Bozkir, prononce son discours à travers lequel il présente ses recommandations aux membres.

Selon l’agenda de la session, il est prévu notamment un sommet sur le climat le 23 septembre. Les participants tiendront également une réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale, au cours de laquelle les Etats membres adopteront une déclaration politique visant à mobiliser la volonté politique aux niveaux national et régional pour mettre en œuvre la Déclaration et le Programme de Durban.

Au menu aussi de la nouvelle session, la célébration de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.

Craintes autour du variant Delta

La présence de centaines de diplomates, chefs d’Etat et de gouvernement, hauts responsables aux siège des Nations Unies a été une source d’inquiétude persistante, notamment en raison des risques de contagion posés par le variant Delta du coronavirus.

Le mois dernier, la mission américaine auprès des Nations Unies, agissant au nom des Etats-Unis pays hôte, a encouragé les autres membres à réduire leurs plans de participation afin d’éviter le risque d’un « événement de grande diffusion ».

Les responsables de l’ONU ont déclaré qu’ils suivaient strictement les protocoles sanitaires de la ville de New York. Ils maintiennent également de nombreuses réunions parallèles de l’Assemblée générale en mode virtuel et ne prévoient aucun rassemblement social au siège, y compris le déjeuner traditionnel organisé par le secrétaire général.
Antonio Guterres, l’homme d’Etat portugais qui a été élu cette année pour un deuxième mandat de cinq ans en tant que SG de l’ONU, a déclaré vendredi dernier à la presse  que les Nations Unies, comme de nombreuses institutions, appréciaient la valeur de la technologie des réunions virtuelles pour faire face à la pandémie.

Néanmoins, a-t-il dit, la diplomatie en personne restait beaucoup plus préférable, et les dispositions de cette année visaient à trouver un équilibre entre les deux.

« J’espère qu’avec le soutien de la technologie, nous serons en mesure de minimiser la dimension négative d’une Assemblée générale qui ne se fait pas en pleine présence de délégations complètes du monde entier », a déclaré M. Guterres.

Pourtant, a-t-il ajouté, « la présence de tout le monde, ici, ensemble, pendant une période significative, est un instrument très important que rien ne peut remplacer ».

L’Assemblée générale annuelle de l’ONU, le plus grand rassemblement diplomatique de la planète accompagné jusqu’à présent de plusieurs centaines d’événements annexes et de milliers de rencontres bilatérales ou multilatérales, n’a jamais été annulée depuis 1945.

Seuls deux reports ont affecté son organisation, en novembre 2001 après les attentats du 11-Septembre, et en décembre 1964 en raison d’une crise financière.

L’année dernière, la semaine de haut niveau de la 75è session de l’AG s’était tenue virtuellement en raison de la pandémie. Seuls les ambassadeurs ou représentants en poste à New York étaient autorisés à être présents sur place.